Renforcement des capacités sur le rôle des médias dans la protection des libertés publiques et lutte contre les discours de haine durant le processus électoral
Titre du module :
‘’L’écriture web et quelques principes’’
Par Badylon Kawanda Bakiman
Journaliste, Acteur culturel , Directeur des programmes Radio Tomisa/Kikwit
Correspondant de l’Agence France Presse (AFP) dans le Kwilu ; de JED (Journaliste en danger) et de www.laprosperiteonline.net et de www.journaldesnations.net
Correspondant pays de News Agency Inter Press Service (IPS) et du ‘’Réseau international des journalistes’’ (https://reseauinternational.net/ )
Membre de l’UPF (Union internationale de la presse francophone)
Charpente du module
- Introduction
- Objectif escompté et démarche méthodologique
- Définition de l’écriture web
- Des étapes universelles pour un ‘’Web Writer’’
- Quelques principes fondamentaux de l’écriture web
- Introduction
Dès qu’il est né, l’être humain a des ‘’besoins inaliénables’’ qui en fait sont des ‘’droits’’. Parmi ceux-ci figurent aussi les ‘’libertés publiques’’ et le ‘’droit à une information de qualité’’ produites par des journalistes qui prestent dans le respect des normes en la matière.
Des médias en lignes, dont des sites web d’informations ou même des réseaux sociaux, figurent parmi les canaux par lesquels les news (quels que soient leurs caractères) sont parvenus au public.
Les médias en général jouent un rôle crucial dans la consolidation de la démocratie surtout en période électorale. Ils se doivent également de réaliser des productions et programmes qui font la promotion des ‘’libertés publiques’’.
Force est de constater qu’il y a quelques fois des discours de haine tenus par plusieurs acteurs (politiciens ; membres des partis politiques ; acteurs de la société civile…), discours qui sont souvent sont à l’origine de plusieurs tentions ou même de violations de quelques droits humains.
Ce module est donc conçu afin de renforcer les capacités des journalistes en écriture web et produire des contenus de qualité, promouvoir les libertés publiques et lutter contre les discours de haine pour ne pas tomber dans l’exemple de la ‘’Radio Mille collines’’ qui, en 1994, avait engendré, au Rwanda , le génocide décrié jusqu’à ce jour.
- Objectif escompté et démarche méthodologique
Le grand objectif poursuivi par le présent module est qu’au terme des enseignements les participants aient des notions relatives à l’écriture web, tous ses méandres et principes. Cela en vue de faire la promotion des libertés publiques.
L’objectif secondaire, et pas de moindre, est d’inciter des journalistes à créer des blogs qui expriment leurs travaux tout en luttant aussi contre des discours de haine.
Pour y parvenir, la démarche méthodologique adoptée est celle qui est interro-explicative et andragogique (c’est-à-dire liée à l’enseignement des adultes tout en sachant que ces participants ont déjà des notions en tête).
- Définition de l’écriture web
Avant de définir ‘’l’écriture web’’, il est impérieux de connaitre tout d’abord la pincée sémantique du mot ‘’WEB’’ lui-même. Ce terme a pris une très grande valeur et a atteint le climax pendant la période de la pandémie de ‘’Covid-19’’ où des rencontres physiques, des cultes, des activités scolaires et académiques… ont été suspendues par plusieurs gouvernements à travers le monde afin de limiter la propagation de la maladie.
Lié à l’internet, le mot ‘’Web’’ vient de l’Anglais ‘’World Wide Web’’ littéralement la «toile (d’araignée) mondiale », abrégé www ou le Web). La toile mondiale ou la toile tout court, est un système hypertexte public fonctionnant sur Internet. Le Web permet de consulter, avec un navigateur, des pages accessibles sur des sites.
Le Dictionnaire du webmastering définit le web comme un terme communément employé pour parler du World Wide Web, ou WWW, traduit en français par la toile d’araignée mondiale. Il fait référence au système hypertexte fonctionnant sur le réseau informatique mondial Internet. Par abus de langage, le Web désigne de façon plus large tout ce qui se rapproche à cet univers internet. On ne fait plus toujours aujourd’hui la distinction technique entre ce que définit le Web et ce que définit Internet.
Inventé par Tim Berners-Lee (grand informaticien britannique) et Robert Cailliau (ingénieur informaticien franco-suisse) à la fin des années 1980, le Web se résume à cet outil qui permet la consultation, via un navigateur, de pages de sites Internet (ou sites Web). Il ne représente qu’une partie de ce que comporte réellement Internet avec, notamment, les applications de courrier électronique et le partage de fichiers.
Ainsi donc, Bertrand Bathelot, professeur de la nationalité française et spécialisé dans le marketing digital définit L’écriture web comme un mode ou une technique d’écriture spécifiquement adaptée à internet dans sa structuration, ses contenus et le vocabulaire employé.
L’écriture web doit prendre en compte les spécificités de la lecture et des comportements sur Internet, de la lecture sur écran et doit s’adapter éventuellement aux problématiques de référencement naturel ou SEO et à celles des réseaux sociaux.
Lorsqu’il s’agit d’écrire pour les algorithmes des moteurs de recherche (essentiellement celui de Google), on parle alors d’écriture SEO. Sur les réseaux sociaux il s’agit souvent d’écrire pour les algorithmes, mais également d’être lié, commenté et partagé.
L’écriture web doit évidemment être adaptée aux objectifs recherchés et aux types de contenus produits.
Le SEO (Search Engine Optimization) est l’acronyme qui signifie « Optimisation pour les moteurs de recherche » en français. C’est un ensemble de techniques permettant de positionner un site web dans les moteurs de recherche afin de le rendre visible auprès des internautes.
- Des étapes universelles pour un ‘’Web Writer’’
Avant de rédiger un article à publier en ligne (ou même sur format papier), le ‘’Web Writer’’ (Rédacteur du web) est appelé à respecter les étapes suivantes :
- Le choix du sujet
Cette étape est jugée primordiale avant d’amorcer toute la démarche journalistique. Le SUJET est ce qui constitue la matière à traiter.
Ex. : La répression de la marche de LAMUKA par la police à Kikwit.
La mise en forme avec un verbe d’action devient : Kikwit : La police réprime la marche de Lamuka
C’est même le titre d’un article qui dénonce la violation d’une liberté publique garantie par la constitution du pays et le journaliste doit aborder ce sujet en demeurant dans la matière sans faire la digression.
- Le sujet n’est pas à confondre avec le ‘’Thème’’ qui est une sorte de ‘’Grand ensemble’’.
Le ‘’Follow up subject’’
Le ‘’Follow up subject’’ n’est rien d’autre que le sujet qui suit logiquement celui ou ceux qui ont déjà été traité et diffusé sur un thème appelé ‘’Topic’’ en anglais.
Ex : La libération de trois membres de Lamuka qui étaient arretés lors de la marche.
Mise en forme :
Kikwit : Les trois membres de Lamuka libérés
Ceci est le follow up subject de celui évoqué ci-haut. La détermination de ‘’l’angle de traitement’’
L’Angle de traitement est ‘’la colonne vertébrale’’ du papier. C’est cet angle qui guide même le journaliste à cibler des sources à interroger et à écrire le papier.
- Des sources à interroger ou à contacter
Ces sources sont déterminées en fonction du sujet et de l’angle de traitement.
Il est à noter que généralement des sources d’informations sont diverses : Des sources officielles (autorités politico-administratives, gouvernement, la police, l’armée, les Administrateurs des territoires, des maires des villes, des chefs des secteurs, des bourgmestres des communes, des responsables des arrondissements…) et des sources non officielles : la société civile, des leaders des partis politiques, Les témoins d’un évènement, des victimes d’une situation, des familles d’accueils pour des cas de déplacés…
Autres sources :
L’internet, des livres, des journaux écrits, la radio, la télévision…
- Des sources sont à recouper pour vérifier l’info, à sélectionner, à identifier, à préserver en cas d’anonymat
- Le plan du papier
Cette étape a souvent été négligée par plusieurs journalistes pourtant elle est importante, car le plan du papier est la charpente ou l’architecture même de l’article qui sera lu par x ou y que l’auteur ne connait pas.
- La collecte des données ou d’informations
A ce niveau le journaliste entre en contact avec des sources choisies pour avoir des informations dont on a besoin.
La collecte se réalise en se basant sur des questions fondamentales : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Combien ? Avec qui ?
- Le traitement proprement dit
Ici, le journaliste se met à rédiger son papier en formulant des phrases. Il amorce par une attaque, en passant par l’habillement du papier en présentant les faits en respectant aussi l’équilibre. Il se base aussi sur les questions fondamentales précitées : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Combien ? Avec qui ?
Traditionnellement l’on parle de 5w (Who ? What ? Where ? When ? Why ?). Actuellement des questions comme Comment ? Combien ? Avec qui ? etc. Les anglophones disent : ‘’Am I asking and answering enough questions ? = Suis-je en train de poser et de répondre à plusieurs question?. C’est cela même l’esprit critique du journaliste.
Dans l’écriture web, les articles sont généralement courts en tenant compte des lignes éditoriales des médias.
Il arrive aussi que des articles des web soient des articles de fonds avec 500, 800, 1000 voire 5000 mots.
- Lors de la rédaction web le ‘’Web Writer’’ est appelé à utiliser des mots simple compréhensible par un large public.
- La publication du papier
Après rédaction et relecture, le papier est publié en ligne ou via d’autres canaux.
- Quelques principes fondamentaux du journalisme pour la rédaction web
La problématique de l’écriture web répond à plusieurs principes fondamentaux. Il y en a une vingtaine. Ici nous nous proposons de donner quelques principes jugés nécessaires.
- Respecter la loi de proximité
La loi de proximité est l’un des éléments fondateurs du journalisme. Cette règle nous dit qu’un lecteur sera toujours plus intéressé par un événement qui le concerne directement, quel qu’en soit le degré de gravité, que par un événement qui se déroule à des centaines de kilomètres de lui (ou des années auparavant), même s’il est bien plus grave ou important.
Appliquée à la rédaction web, la loi de proximité devrait vous permettre d’attirer du trafic sur votre site, d’intéresser vos lecteurs et de les fidéliser.
Pour cela, vous devez leur parler de ce qui les concerne directement. Si vous vous adressez à une audience locale ou régionale, c’est facile : il suffit de suivre l’actualité de la région en question. En revanche, si votre audience est plus éparpillée, vous allez devoir identifier les points communs qui rassemblent ses membres. C’est là que vous trouverez les éléments pour définir votre propre loi de proximité.
- Illustrer les propos
Bien utilisées, les images donnent du poids à vos contenus. Mais comment trouver des illustrations efficaces pour votre blog? Facile: faites-les vous même!
Dans un article, les photos et les illustrations sont souvent négligées par les blogueurs. Pourtant, elles ont le don d’améliorer la lecture d’un article et de capter l’attention des lecteurs. C’est pourquoi, leur choix mérite réflexion.
- Ne pas ennuyer les lecteurs
Le temps de lecture sur votre blog est en berne? La faute aux utilisateurs qui ne prennent plus le temps? Vos contenus ne sont peut-être pas innocents…
Les spécialistes du web affirment que les chiffres du temps de lecture sur le web sont sans appel: une personne sur trois passe moins de 15 secondes à lire un article de blog, et un utilisateur ne consomme en moyenne que 20% du contenu d’une page. Cela signifie aussi que beaucoup de vos lecteurs n’arrivent pas jusqu’à votre incitant à l’action, et ne s’engagent pas avec vous. Mais pourquoi décrochent-ils? Uniquement parce que leur taux d’attention ne dépasse guère celui d’un poisson rouge? Et si vos contenus avaient aussi des choses à se reprocher…
- Savoir conserver la confiance des abonnés
Le premier et principal constat de l’enquête : la croissance et la conversion des audiences restent une préoccupation majeure (63 %). Pour atteindre cet objectif, les départements marketing sont davantage orientés données. Ils investissent plus qu’auparavant dans des rapports en circuit court. L’objectif est de pouvoir ajuster de manière agile les campagnes en fonction des résultats. La question du ROI est ainsi le deuxième challenge majeur (40 %), largement devant les questions budgétaires (28 %).
Autre conclusion importante : la prospection commerciale devient plus difficile. Réseaux sociaux, appareils mobiles et résultats de recherche… Les canaux d’achat se multiplient et changent les comportements des utilisateurs, avec un taux de réponse aux sollicitations en perte de vitesse (38 %). La mutation nécessaire, c’est bien de passer d’un modèle de hard-selling vers une attitude inbound de conseil de confiance, confirment les résultats de l’enquête.
Donc avoir des stratégies afin que vos abonnés restent et ne partent pas ailleurs et que d’autres s’ajoutent.
- Organiser les informations en rubriques
Au croisement des sciences de l’information et du design d’interface, l’architecture de l’information participe à la réussite de l’expérience utilisateur. En effet, un site web est un territoire complexe: si vous voulez que l’internaute trouve sur votre site ce qu’il est venu chercher, il doit le comprendre et s’y repérer !
Une architecture de l’information bien pensée va guider l’utilisateur au milieu des pages de votre site,en veillant à sa liberté de mouvement, mais en évitant aussi qu’il s’égare au fin fond d’une rubrique ou s’en aille pour toujours…
Il est donc demandé d’avoir, sur un site web, des rubriques, des onglets comme ‘’Economie’’, ‘’Sport’’, ‘’Agriculture’’, ‘’Education’’, ‘’Politique’’ etc.
- Prendre notes
Evernote, un petit éléphant qui vous veut du bien.
Evernote est devenu, depuis quelques temps, ma mémoire portative. Cet outil de prise de note en ligne permet d’enregistrer des textes, des vidéos, des images ou encore des fichiers audio pour constituer une sorte de base de données d’idées et d’inspirations. Un calepin virtuel en somme, très pratique pour alimenter votre stratégie de contenu!
Même si vous enregistrez les propos d’une source, il est conseillé de prendre aussi note manuellement. Cela vous aidera lors du traitement de l’information.
- Penser à la ‘’pyramide inversée’’
Utilisée à tous les niveaux d’un site Internet (le plan de site, la page d’accueil, les pages de section ou les pages d’article) et à tous les niveaux d’information (microcontenus, macrocontenus, métadonnées, navigation, etc.), ce principe impose deux règles :
- organiser l’information « verticalement » (d’où la pyramide) ;
- hiérarchiser cette information du plus important au moins important (d’où l’inversion de la pyramide)
Il s’agit donc d’organiser le contenu « verticalement » en s’assurant qu’on traite d’abord les éléments essentiels. Ainsi, dans cet article sur la pyramide inversée, j’ai choisi de d’abord définir le concept, de décrire comment il fonctionne et pourquoi il est utile, avant de contextualiser.
La pyramide inversée suit également le court des évènements et de l’actualité pour inverser les faits dans le traitement.
- Relire le papier ou l’article trois ou quatre fois avant la publication
Se relire soi-même est extrêmement difficile. Je sépare le boulot en 3 volets. D’abord le sens, puis le style, enfin l’orthographe et la grammaire.
Personne n’accepte une faute d’orthographe ou une tournure malheureuse, et c’est normal. Pourtant, faire des fautes lors de la rédaction d’un texte ne fait pas de vous un mauvais rédacteur web. L’important est de les repérer lors de la relecture.
J’ai relu mes textes. J’ai relu les textes des autres. On s’accorde pour dire qu’il est plus difficile de relire son propre texte. Voici ma méthode personnelle. Sans tiers et sans outils. Pour les outils voyez cet article de Loïc.















Leave a Reply